Le Val Sierckois Merveilleux

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samedi, janvier 20 2018

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lundi, juin 5 2017

Rettel, le monument aux morts

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Hélas dans tous les villages d’Europe et même sur d’autres continents, nombreux sont les monuments érigés à la mémoire des soldats tombés ou disparus à la guerre. Et ce n’est que très rarement qu’ils rappellent le souvenir des victimes civiles.

Les monuments commémoratifs des héros de la guerre apparaissent dans l’antiquité. La Révolution Française et le néoclassicisme reprendront cette « tradition », à Valmy notamment, puis à l’Arc de Triomphe de 1806 de Paris pour tous les héros morts ou vivants des guerres révolutionnaires.

Après l’érection de quelques monuments en mémoire de la Guerre de 1870, c’est surtout après la «Première Guerre Mondiale» qu’ils firent leur apparition dans chaque village en France et dans une forme généralement bien définie. Une grande campagne nationale sensibilise les maires des communes de France, encouragés à édifier des édifices à la mémoire des combattants de la « Première Guerre Mondiale ».

Ces monuments, ne portent aucune marque religieuse et se veulent laïques. En revanche ils sont tous dotés d’un obélisque dressé au centre de l’édifice et présentent la liste nominative de tous les militaires tombés ou disparus aux combats. L’ensemble est généralement entouré d’une petite grille ou d’une chaîne. L’obélisque est d’origine égyptienne ancienne et symbolise un rayon de soleil figé annonçant une ère nouvelle.

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Inauguation du monument aux morts de Rettel le 26 Novembre 1926 (Photographie Hensgen)

samedi, juin 3 2017

Rettel et l’Abbaye Bénédictine – 3 – Conclusions

Rettel et l’Abbaye Bénédictine – 3 – Charlemagne, Paul III et Angelrame

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Le couvent de Rettel en 1907

La fondation de Rettel et de son Abbaye bénédictine aux alentours de l’an 800 par la princesse Effetia n’est pas formellement établie. En revanche, il est clairement prouvé que sa famille, celle du Roi Pépin et de Charlemagne, apparaît dans de nombreuses affaires de l’Eglise liées à la fondation d’abbayes bénédictines notamment. Sa mère, Berthe aux Grands Pieds, favorise l’agrandissement de l’Abbaye bénédictine d’Echternach et fonde celle de Prüm dans l’Eiffel, non loin de Rettel, et, sa sœur Gisèle devient l’abbesse de l’Abbaye bénédictine de Chelles, etc…

Effetia aurait été ensevelie sous les dalles de la Chapelle Saint Etienne du couvent de Rettel. Saint Etienne premier martyr chrétien est aussi Saint Patron de la Cathédrale de Metz. L’évêque de Metz de ces temps, Angelrame, nommé aussi Angilram ou Enguerrand, fut grand aumônier de la chapelle du Roi Pépin. Il accompagna l’Empereur Charlemagne dans la guerre contre la tribu hunnique des « Avares ». Le prélat meurt durant cette épopée en 791 dans un endroit en pays Magyar, que nul n’arrive à situer, nommé Asnaghum traduit par Chunisberg, c’est à dire la Montagne des Huns. Or, ainsi se nommait alors la cense de Koenigsberg (Kinsbuerg), Asnaga, sur les hauteurs de l’Altenberg (Aleberg) près de Rettel. Elle appartenait à l’évêché de Metz, jusqu’en 1255 année de sa donation au Couvent de Marienfloss par le Duc de Lorraine. (voir l'article sur Koengisberg)

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La Ferme de Koenigsberg en 1990. Située à l'abri du vent du Nord en plein Sud.

Angelrame, bénédictin originaire de l’Abbaye de Saint Nabor à Saint Avold, fut l’ami d’un autre moine bénédictin né en 750 à Rome qui devint Pape sous le nom de Paul III le jour de la Saint Etienne (26 Décembre) en 795. Coïncidences. C’est lui-même en personne qui consacra le couvent de Rettel et en fera la dédicace à un autre pape martyr : Saint Sixte. Paul III fit en effet quelques voyages en Allemagne, en 799, où il rencontra Charlemagne avant son couronnement.

La vie du monastère rettelois s’achève vers 1431 au moment de la peste. Les biens et droits seront repris par les Chartreux de Trèves établit à Marienfloss.

Conclusions :

Rettel est un village nouveau créée aux alentours de l’an 800. Sa dédicace à Saint Sixte, un pape martyr, confirme qu’il s’agit d’une création nouvelle dans le cadre des biens d’Eglise. En effet les villages plus anciens sont généralement dédicacés à des saints patrons de légende ou d’un christianisme celtique tel que Saint Nicolas, Saint Martin à Rustroff, etc. L’église paroissiale de Rettel, construite plus tardivement, sera placé sous la tutelle du père abbé du couvent et placée sous le patronage de Saint Laurent martyr diacre de Saint Sixte. Notons la place importante qu’occupait Saint Etienne dans l’Eglise en ces temps.

Enfin, la Ferme de Koenigsberg fut-elle offerte à l’Evêque de Metz Angelrame et nommée Asnaga en sa mémoire ? Ce bien est racheté par le Duc de Lorraine après de longues tractations entamées par Saint Bernard lors de son passage à Rettel en 1147. Mathieu II en fait donation au nouveau couvent cistercien de Marienfloss en 1255.


mardi, mai 30 2017

Rettel et l'Abbaye Bénédictine - 2 - Effetia

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Vue de Haute-Konz, lieu de résidence d'Effetia

Effetia, sœur de Charlemagne résidait un temps à Haute-Kontz (Uewer Konz). Elle aurait fondé un couvent bénédictin à Rettel vers l’an 800. Aucun écrit ne l’atteste formellement. L’Europe libérée du joug romain n’avait pas pour autant oublié la tradition orale héritée des sociétés antérieures celtiques ou germaniques. L’écrit était l’apanage des Romains puis de l’Eglise romaine à laquelle les princes de l’Europe d’alors prêtaient aide et assistance.

Le Roi Pépin (714-768) frère de Charles Martel et père de Charlemagne, marié à Bertrade de Laon, eut d’autres enfants avec d’autres femmes, mais l’histoire ne retiendra qu’une seule fille légitime : Gisèle, devenue abbesse de Chelles. Divers auteurs dignes de foi, citent quelques autres filles de Pépin et sœurs de Charlemagne : Aude,1 Rothaïde, et Adélaïde2 et d’autres encore restées dans l’ombre, notamment une certaine Effetia3 et encore une autre Berthe.

Effetia vit à une époque charnière. L’Europe sortie de l’emprise romaine retrouve ses élans antérieurs. Confrontée aux invasions diverses, des Huns notamment, elle s’appuie sur les structures héritées de l’Empire de Rome qui lui permettront de se construire sur la base du Christianisme. Ainsi à l’heure de la mise en œuvre de la trame sur laquelle le nouvel Empire Romain-Germanique doit s’asseoir, le réseau des Abbayes retrouvera une nouvelle vigueur grâce à Saint Benoît et aussi grâce aux donations des grands. En effet, combien d’églises, d’abbayes, d’écoles, ont pu ainsi être édifiées en échange du rachat de quelques faiblesses ou d’un vœu, comme cela fut certainement le cas dans l’entourage de Pépin et de Charlemagne.

L’abbaye bénédictine de Rettel était en fait une société de vie religieuse pour dames soumises à la règle de Sainte Scholastique (soeur de Saint Benoît), parmi lesquelles Effetia pris le voile et y termina sa vie. A sa mort elle reposa dans le sol de la Chapelle Saint Etienne du même couvent.

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Vue sur la Vallée de la Moselle à partir de Haute-Kontz

Quant à sa résidence de Haute Kontz, dont il fut question, il est fort probable qu’Effétia , cette noble femme, ait pu y vivre un temps. Ce village surplombe la vallée de la Moselle face à Rettel. Selon Auguste Terquem4 : Haute-Kontz dérive de la contraction du mot tudesque, Kunstanlage (prononcer Kounst), il signifie promenade, jardin de plaisance. Haute-kontz a un point de vue admirable, il devait servir de lieu de délassement aux souverains qui résidaient à Thionville (Diddenuewen).

Installée dans la Province de Coblence-Trèves, l’érection de cette communauté bénédictine reçut l’assentiment de la plus haute autorité de l’Eglise en la personne de sa sainteté du Pape Léon III lui-même. A suivre.

Lire :

Le Couvent de Rettel – Charles Hoffmann

Das Kloster Rettel Geschicht

1 Brouwer – Annales de Trèves 1557.

2 Mabillon, bénédictin – 1632

3 Don Calmet

4 Etymologies du nom de toutes les villes et de tous les villages du Département de la Moselle – Metz 1864.

lundi, mai 29 2017

Rettel et l’Abbaye bénédictine - 1 - Naissance d’un village

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L’apparition de Rettel dans l’histoire est indissociable de celle de son couvent. Il est fort probable, qu’à son emplacement se situait déjà un domaine ou un grand jardin, ou encore une villa romaine compte tenu du micro climat qui profite agréablement au territoire du village. L'installation d’une abbaye bénédictine dans la vallée, aux environs des toutes dernières années du 8ième siècle, allait donner naissance à un véritable bourg structuré parmi les biens ecclésiastiques.

Le sempiternel rappel d’Effetia, mystérieuse sœur de Charlemagne, supposée avoir été la fondatrice, soulève bien des questions et avant tout celle de l’origine du nom de Rettel : Rotila. Celui-ci a été servi à toutes les sauces historiques et étymologiques.

Disons de suite que l’Ordre de Saint Benoît, dans sa mission chrétienne d'aide aux malades, installait obligatoirement ses abbayes près de l’eau. Il devait disposer d'un moulin, d'un atelier, d'un jardin et défricher généreusement. A Rettel, l’eau ne manque pas : la Moselle coule à proximité du couvent. Quant au moulin il s’agissait de celui de Millchesbuer, traduit par "la source du moulin". Cette fontaine existe toujours au pied de la falaise de la Forêt de Buis, Pällembësch, face à Berg sur Moselle, Bierg. Le défrichement massif déjà entrepris abusivement par les Romains, au cours de la conquête de la Gaule, les bénédictins le poursuivirent activement à l’heure de la renaissance carolingienne. Cette activité agricole pourrait justifier le nom de Rothila, désignant alors le village dans les chartes du temps de Charlemagne. En effet le mot est d’origine tudesque et signifie terres nouvellement défrichées.1

Ainsi, l’abbaye bénédictine de Rothila, dans la Province Coblence-Trèves de l’ordre, allait participer activement à l’édification du nouvel empire carolingien ou du futur Saint Empire Romain Germanique. Nous verrons prochainement qui était enfin Effetia ?

1 Etymologies du nom de toutes les villes et de tous les villages du Département de la Moselle par Auguste Terquem. Paris 1864.

« Dans les chartes qui datent du temps de Charlemagne, le nom primitif de ce village était Rothila, mot tudesque qui se décompose ainsi : Ro, abréviation de Rottland, novale, terre nouvellement défrichée et mise en labour (allemand) ; Thila abréviation latinisée qui dérive de Theil, partage (allemand), division. Portion de terre novale, nécessairement confiée à des serfs, fermiers ou métayers. Rothila a pu avoir en même temps, mais bien plus tard, avoir une autre interprétation. Comme il existait dans le village un monastère (son origine est inconnue), le mot novale, lorsqu’il est au pluriel (français) signifie dîme ecclésiastique, perçue sur les terres novales.»

jeudi, mai 25 2017

Chasse à Waldwisse et Vogeljagd in Biringen

Le Journal "Républicain Lorrain", ce jour, publie un article qui résume le règlement à "l'amiable" entre le Land de Sarre et la Moselle à propos de différents de chasse survenus à la frontière franco-allemande de Waldwisse-Biringen.

A l'origine de ce différent : des pratiques ou des comportements divergents dans l'art de chasser en France et en Allemagne, mais surtout une sensibilité diversifiée de part et d'autre au sujet de la nature.

Nous laissons au lecteur le soin de prendre connaissance de quelques réactions allemandes à propos de cette affaire qui a frôlé l'incident diplomatique.

Französische Jäger schießen auf Singvögel im Grenzgebiet: Journal Saarbrücker Zeitung

SR 3 - Vogeljagd an der Grenze

mercredi, mai 24 2017

Elections législatives Rive Gauche, Rive Droite - CCCE,CC3F et CCB3F

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Synthèse

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Voir la carte de situation des intercomunalités

Accéder aux tableaux synoptiques des trois intercommunalités concernées

Dans la 7ième et la 9ième circonscription de la Moselle, deux intercommunalités, Cattenom (CCCE) et Bouzonville-Sierck (CCB3F), longent respectivement la frontière du Grand-Duché et de la Sarre, séparée par la Moselle, la première sur la rive gauche et la seconde sur la rive droite (exception faite de deux villages Haute-Hontz et Contz les Bains). Ces com com vivent, dans une certaine mesure, dans le prolongement économique et culturel de leurs voisins luxembourgeois et sarrois. La Moselle, comme beaucoup de cours d'eau ou de fleuves, marque encore discrètement une frontière naturelle qu'illustrent quelques disparités  d'ordre linguistique, culturel et économique. Ces disparités évoluent d’Ouest en Est, alors que dans la Vallée de la Moselle, les villages d'Apach, de Contz-les-Bains, de Sierck et de Rettel (ancienne CC3F) constituent un îlot spécifique, complexe, vert, et forment l'exception, malgré tout plus proche culturellement et économiquement de la CCCE.

Les décideurs de cet îlot mosellan avaient entrepris de créer en 2003 une communauté de communes (CC3F) avec quelques autres villages du plateau céréalier de Sierck jusqu’à Waldwisse. Mais, ce mariage entre vallée relativement riche et plateau traditionnellement rural allait échouer. L’îlot de villages de la Vallée, dans le cadre de son projet de 2003, aurait pu rejoindre la CCCE réunis préalablement en "commune nouvelle" afin de conforter sa position. Finalement, le 1er Janvier 2017 la CC3F rejoignait la CCB pour former la CCB3F après avoir manqué l'occasion de complémenter la CCCE. La fusion avec la CCB de Bouzonville a finalement étendu les disparités de Waldwisse jusqu'au Bassin Houiller....

L’analyse rapide des résultats des élections législatives dans ces deux communautés de communes illustre la situation exposée ci-dessus et relève des comportements contrastés, et, elle est résumée ci-dessous. Néanmoins, l’ancienne CC3F reste intégrée à la 9ième circonscription alors que ses partenaires de l’ancienne CCB restent toujours intégrée à la 7ième circonscription, ce qui accentue les contrastes d'un territoire artificiellement composé.

L’abstention

CCCE 55,43%

Les records : Cattenom 59,14%, Entrange 59,20%, Hagen 61,60% Escherange 63,23%

CC3F 56,42 %

Les records : Halstroff 65,92%, Sierck les Bains 62 %, Haute-Kontz 62,34 %, Waldwisse 59,8%, Apach 59,44%

CCB 58,32%

Les records : Remelfang 65,71 %, Vaudrechin 63,68%, Bouzonville 61,63 %

Le vote LREM

CCCE 40,8%

Les records : Basse-Rentgen 54,4%, Mondorff 51,5%, Kanfen, 48,9 %, Boust 45,8%, Hagen 45,8 %

CC3F 36,66 %

Les records Rustroff 45,70%, Kerling 43,06%, Haute-Kontz 43,03%, Apach, 42,86% Montenach 41,35%.

CCB 25,8%

Sortent de la moyenne : Guerstling 39,66%, Rémelfang 36,98 %, Schwerdorff 38,89%, Chémery les Deux 38,51%, Neunkirchen 37,50%, Bibiche 36,72%, Filstroff 33,33%

Le vote FN

CCCE 11%

L’ensemble des villages de la communauté a voté autour de ce pourcentage.

CC3F 13,8 %

Flastroff 20,9%, Waldweistroff 20,4%, Laumesfeld 32,18%, Montenach 30,10%

CCB 23,45 %

Dalstein 43,97 %, St François 37,97%, Freistroff 36,81%, Holling 32,31%, Menskirch 31,48%

dimanche, mai 7 2017

Perl et la Moselle vue de la Maimühle

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Altitude 157 m

Sans aller au bout du pont, prendre de suite l'escalier à gauche qui vous mènera à la Maimühle dans le quartier de la gare de Perl. Il n'y aucun intérêt touristique ici, c'est notre chemin. Passer la fameuse auberge du nom du quartier et laisser la gare sur votre droite.

Durant la dernière guerre une importante gare de triage était en fonction ici. Le 28 août 1944 des avions de la chasse américaine vinrent bombarder un nombre important de wagons de munitions. La terrible détonation fit trembler les maisons de toute la région. L'on retrouva même des débris de ferrailles de wagons et camions jusqu'à 2 kilomètres à la ronde. Cette date fut le commencement des combats de libération qui dévastèrent toute la région.

C'est la Moselle qui fera frontière entre la France et le Luxembourg sur une distance de 1 km 5 (traité des Pyrénées). Puis la Moselle marquera les limites territoriales avec l'Allemagne (1815). On remarquera aussi l'ancien pont sur la Moselle détruit par un bombardement dés 1940 et l'ancien clocher de l'église de Schengen qui brûla en 1949.

Le territoire luxembourgeois débute avec la limite de la forêt. La rive gauche ne connaissait pas encore la fameuse route touristique construite dans les années 50 et qui permet de se rendre plus rapidement aux pompes à essence.

La pointe de l'île matérialise le point de rencontre des trois frontières Franco-Luxembourgo-Allemagne. Il symbolise aussi le fameux traité européen (accords de police) de Schengen de 1985

En passant par le pont de la Moselle de Schengen.

En passant par le pont de la Moselle de Schengen.

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Avant de prendre la direction du pont, il faut visiter les principales curiosités du village.

Ne pas manquer au centre du village au pied de l'église, la maison "Koch", peut-être la plus ancienne et la plus pittoresque du Pays. Descendre ensuite vers le château construit en 1812, sur les restes de l'ancien "Wasserburg" dont un tour subsiste encore et qui fit office très longtemps de prison. Cette propriété fut longtemps occupée par des sœurs de 1839 à ces dernières années. Victor Hugo séjourna à Schengen lors de son exil. A la fin d'un déjeuner au Château, le 13 septembre 1871, il remercia ses hôtes en leur offrant le dessin de la tour qu’il venait d'exécuter.

Face à l'ancien embarcadère l'on pourra admirer le Bildstock (calvaire) dit "Sonnenuhrkreuz" vieux de 1612. Sa particularité est d'être munie d'un cadran solaire.

L'ancien embarcadère (d'Pont) a fonctionné jusqu'au début du siècle. Tout homme recherché, quel que fut le motif du délit, pouvait bénéficier d'un droit d'asile de 6 semaines et de 3 jours, s'il parvenait à emprunter le bac. Il devait rester à bord et vivre des offrandes des passagers ou mourir de faim. Ce droit permis à beaucoup de gagner le temps nécessaire de faire leur examen de conscience.

Ironie de l'histoire, c'est sur les mêmes eaux et au même emplacement de l'ancien embarcadère que furent signés le 14 juin 1984, les "Accords de Schengen" instituant la fin des contrôles de police aux frontières des états membres de l'Union Européenne et instituant les accords de police sur l’aire partielle de la nouvelle Europe.

Un pont de fer, construit en 1909, permet au village d'atteindre la nouvelle gare de Perl, de la nouvelle ligne de chemin de fer Thionville-Coblence construite en 1906. Mais les bombardements de 1939 lors de la Drôle de guerre détruisirent le pont qui fut à nouveau rétablit en 1958.

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Nous voici sur le pont. Des panneaux nous indiquent que nous changeons d'état. La douane luxembourgeoise est désaffectée depuis 1993. Retournons-nous et admirons Schengen au pied du Stromberg entourée de vignes. En regardons vers Sierck. Constatons que la Vallée de la Moselle à atteint ici un maximum d'encaissement. C'est une véritable Porte, d’où son appellation d’Muselpuert.

Autre Porte sera l'écluse que nous découvrons de plus près. L'écluse est le point de convergence des trois frontières d'Dräilännereck avec la France, l'Allemagne et le Luxembourg: six mètres de retenue et un passage escalier d’eau pour les poissons.

La Moselle fait frontière entre la France (département de la Moselle) et le Luxembourg sur près d'un kilomètre, ce sont des eaux internationales. De même entre l'Allemagne et le Luxembourg, de Perl à Wasserbillig la Moselle est également sous le statut des eaux internationales. La pêche notamment est y libre. Ces limites territoriales ont été fixées par le Congrès de Vienne en 1815 qui fit cession des territoires luxembourgeois sur les rives droites de la Moselle et de la Sûre à la Prusse.

Enfin Schengen est très fréquenté par les touristes frontaliers pour le prix bon marché de l'essence. Ceci occasionne une circulation intense autour du Stromberg et dans la vallée, certainement très nuisible à l'équilibre de la nature.

Après la dernière guerre, le jeudi, jour de vacances pour les écoliers, nombreuses étaient les familles qui faisaient le chemin, à pieds, par exemple pour aller acquérir tabac, café, chocolat etc... encore limités et rares et plus chers qu’en France. Quelle fête pour les enfants ! Quelle promenade tout en écoutant nos grands-mères. Et quelles peurs, au retour au poste de douane de Contz-lès-Bains! Le Stromberg pourrait raconter bien d'autres histoires de contrebande bien plus importantes.…

Le Balcon de Schengen

Le Balcon de Schengen - de Priedegstull altitude 290 m

La promenade est magnifique sur cette hauteur. Le Stromberg forme une sorte d'Ile, car isolé du relief, en grande partie par le méandre de la Moselle. L'on découvre trois pays, la France, le Luxembourg et l’Allemagne qui viennent au pied de la colline se confondent en un point, appelé les « Trois Frontières ».

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Avant d'accéder au Balcon, peu après la borne frontalière, sur votre droite, un sentier discret, à pic, vous mène à des escaliers taillés dans le roc de la falaise. De splendides fougères percent entre les rocailles. La Montagne travaille toujours. De petits éboulements, pierres et arbres se détachent de tant à autre de la pente etc... Mais pour poursuivre notre promenade, il faut remonter les escaliers et reprendre notre sentier, provisoirement abandonné, un instant.

Le Balcon est un roc à pic sur la forêt, surplombant la Vallée de la Moselle au Grand-Duché. Le Hammelsberg de l'autre côté de la rivière est la continuation naturelle du Stromberg et du balcon tout particulièrement.

Les travaux de canalisation de la Moselle, en 1959, sont à l'origine de la disparition d'une barrière rocheuse reliant le Hammelsberg et le Stromberg. Celle-ci traversait la Moselle sur une largeur de 100 mètres à cet endroit. Les eaux n’atteignaient qu’une profondeur d’un mètre seulement. Ainsi, dans le passé, tous les bateaux devaient décharger, puis à recharger leurs marchandises pour pouvoir flotter et franchir la barrière rocheuse. Celle-ci, continuation naturelle des deux collines, fut éliminée, en grande partie par des moyens radicaux et violents : les explosifs. Les résultats de cette agression contre la Montagne n’ont pas rassuré les géologues. Les détonations ébranlèrent, en effet le Stromberg. La construction de l'écluse franco-allemande à cet endroit du s'achever sans explosifs. Les scientifiques notèrent des signes de risques géologiques importants.

Non loin du Balcon, sur l’eau de la Moselle

En 1964, le 26 Mai, en présence de la Grande Duchesse Charlotte, du Général de Gaulle et du Président Lübke, la reprise du trafic fluvial grâce à la Moselle canalisée, fut inauguré dans ce cadre unique qui est aussi appelé la Porte de la Moselle - d'Muselpuert.

Au pied du rocher, la forêt très luxembourgeoise, les vignes, la Moselle, Apach village français frontalier avec l'Allemagne, le Hammelsberg, Perl en Allemagne et Schengen au Grand-duché qui a donné son nom au fameux traité.

Les bruits familiers de la vie dans la vallée montent discrètement jusqu'au Balcon où flottaient, dans le passé, les couleurs luxembourgeoises. Mais ici dans cette forêt suspendue, la nature est reine. Les oiseaux et les autres espèces de la faune sont rois et se manifestent en paix, si on sait se faire également discret.

Gandren - d’Heed

Gandren - d’Heed

Altitude 267 m

Heed signifie la lande et aussi le lieu païen.

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Gandren vu de la Heed, au loin Puttelange les Thionville

Traverser le pont, refait à neuf en 1995, qui enjambe l'Altbach ou la Ganner : ruisseau qui prend sa source au Grand-duché. A quelques pas du pont, passer devant "l'ancienne Abbaye" et emprunter droit devant le Chemin des Vignes.

Il n'y a plus hélas de vignes, mais le vallon est très pittoresque. Il offre un paysage de petits vergers, et d’enclos. Un vrai paradis… L'apparition de vaches sous quelques pommiers, au début de la belle saison est un enchantement. Le chemin ombragé et escarpé nous mène sur le plateau autrefois nomméd'Heed.

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Encore quelques bornes frontalières sont visibles.

Elles ont un de tronc de pyramide et sont gravées d'un numéro et de la lettre L du côté du Luxembourg et de la lettre F du côté français. La lettre F (France) a été gravée après la guerre de 14-18. Pour ce faire, il a fallu effacer la lettre D (Deutschland) ce qui explique la cavité existante sur toutes les bornes frontalières que l'on pourra rencontrer. Les bornes actuelle datent de la création de l'Empire allemand, les limites frontalières sont plus anciennes, tracées par le Traité des Pyrénées en 1659.

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C'est l'instant pour vous retourner et admirer le paysage. Gandren semble noyé dans un creux par la brume matinale, l'église submerge. Au loin nous devinons, Puttelange lès Thionville, Beyren les Sierck, Volmerange, Mondorf, Burmerange, etc...

Avant d'aborder le point culminant de la Heed, nous entrons sur le territoire de la commune de Haute-Kontz. Toujours tout droit, notre randonnée nous mène au bord de la vallée. Un calvaire récent marque l'endroit. Nous voici arrivé à un point merveilleux : le Rosenberg, de Rousebierg, altitude 260 m.

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Le calvaire indique la limite entre les communes de Haute-Kontz et de Contz-lès-Bains. Devant nous une sapinière qui dans quelques temps nous privera de la vue d'un des panoramas des plus beaux de la région, mais méconnu sous cet angle.

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En face de nous le Stromberg, colline centrale, mythique, du Val Sierckois. Sur celle-ci se perpétue depuis des milliers d'années, à la St Jean la traditionnelle descente de la roue enflammée.

La frontière de Frisange à Mondorff et l’Aaltbach

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Le poste de frontière d'Evrange-Frisange (Éivréng-Fréiseng) – 1932

La photographie (Lëtzebuerger Wort) nous rappelle que de beaux arbres bordaient cette ancienne route romantique de l'ancien Duché de Luxembourg de Thionville (Diddenuewen) à Luxembourg (Lëtzebuerg). Nous remarquerons également le légendaire Café Pauly.

Le Luxembourg a toujours été, en ces temps modernes, l'objet d'un tourisme journalier, pour le tabac, l'alcool, l'or à Echternach et pour le cabaretage. Ces marchandises furent toujours meilleur marcher ou plus facilement accessible. Puis ce fut le carburant qui attira les populations frontalières. Vint le tourisme bancaire. Le « train de 11 heures », en provenance de Bruxelles, était bien connu dans les milieux bancaires à Luxembourg. Les frontières entre le Grand-Duché et ses voisins furent toujours bien gardées et surveillées. La contrebande était un exercice et un sport pour beaucoup et à des échelles diverses et variées.

Déjà, au début de la guerre de 1870 des soldats français, de passage d’un jour à Sierck, se rendirent illégalement à Schengen acheter du tabac en contrebande et furent sévèrement punis par leur hiérarchie. Mais franchir une frontière contre toute convention internationale pour du tabac n'est rien à côté d'autre violation territoriale comme ce fut le cas à Irmerange-Iermeréng par une brigade de l'armée allemande en 1940. Le pauvre et valeureux douanier luxembourgeois de service s'opposa et donna sa vie sur le pont du ruisseau de l'Altbach à l'entrée du village en signifiant à la troupe étrangère. " Hei e Stréch, et kënnt kee riwwer!" : Ici, une limite, personne de la franchira.

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Ancienne borne – Fut-elle de 1659 - Traité des Pyrénées (?) - et marque-t-elle les limites territoriales entre la France et le Duché de Luxembourg. Elle était située entre Altwies-Wies (France) et Aspelt-Uespelt (Luxembourg). Détruite par un engin agricole le lendemain de cette prise de vue en mai 1991

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Le mur d'enceinte de Preisch (France)

Le Château de Preisch, immense propriété fut clôturée d'un long mur de pierre du pays par des prisonniers espagnols sous Napoléon 1er. Ce mur d'enceinte matérialise à l'Est du domaine la frontière avec le Grand-Duché.

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Altwies-Wies, pont frontalier

Ce pont de l'époque romaine est en fait construit sur la route qui mène de Rodemack-Ruedemaacher à Luxembourg. Alwies-Wies et Mondorf les Bains/Munnerëf ont cette particularité d'être partagés entre la France et le Luxembourg depuis le fameux Traité des Pyrénées de 1659. Ce sont deux villes et village franco-luxembourgeois. C'est l'Altbach-Aalbaach qui matérialise la frontière. Ce ruisseau se jette dans la Moselle en face de Rettel.

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Poste Frontière de Mondorf les Bains (Munnerëf) – 1933

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La frontière à Mondorf les Bains (Munnerëf) – 1950

Les pelouses calcaires d’Apach et de Merschweiler.

Hammelsberg_2004_banc.JPGLes pelouses calcaires d’Apach et de Merschweiler.

Il est regrettable que ce site ne soit pas pleinement associé à la réserve naturelle du Hammelsberg sur la commune de Perl/Piel en Allemagne voisine. En effet la pelouse d’Apach est frontalière et se situe sur la Colline du Hammelsberg.

Voici encore un espace naturel protégé, et géré par le Conservatoire des Sites lorrains, non loin de Montenach et sa réserve naturelle, voisine du Château du Mensberg, « Malbrouck ».

Les pelouses du Hammelsberg, comme la réserve naturelle de Montenach reposent sur des formations calcaires du « Muschelkalk » Faunes et flores variées sont proches de celles Montenach. L’endroit est surtout réputé par la magique plante de l’orchidée, qui marque l’imaginaire des visiteurs, mais l’orchidée n’est pas le seul trésor de cet endroit. De cette colline magnifique, l’on domine la vallée de la Moselle, dominée elle-même par l’incontournable Stromberg.

jeudi, mai 4 2017

Berg sur Moselle - Bierg

Berg sur Moselle - Bierg

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L’église de Berg, reconstruite en 1737, domine la Moselle qui à cet endroit décrit un large méandre. Une toiture d’ardoise dite à bulle recouvre le clocher. Nous annoncerait-il déjà l’influence des églises de la vallée du Danube que les bateliers marchands, de la voie de navigation vers l’Europe orientale et l’Orient même, auraient pu nous apporter ? Rien d’étonnant de découvrir dans l’enceinte sacrée la statue de Saint Michel, le patron de la paroisse terrassant le dragon. En effet ce saint personnage rappelle bien souvent l’existence for ancienne d’un site religieux celtique sur une hauteur patronné par le dieu Bélénos (1). Il est probable que le nom de Berg y trouve son origine ? On remarquera également la statue de Saint Willibrord, patron de l’Abbaye luxembourgeoise d’Echternach, bien connue pour sa procession dansante archaïque du Lundi de Pentecôte : trois pas en avant, deux pas en arrière.

Jusqu’à la Révolution Française, la paroisse de ce petit village était placée sous l’autorité de l’Abbaye d’Echternach (Luxembourg) et sous la haute justice des Seigneurs de Rodemack. Berg fut luxembourgeoise.

Face à l’église on l’aperçoit l’imposante silhouette du Château construit au 18ième siècle par les abbés d’Echternach. On ne manquera pas d’aller admirer le magnifique Bildstock, peut-être le plus beau du Pays. Erigé en 1610, son tronc est richement orné de chutes de fruits et il supporte un dé décoré de têtes de lions et d’angelots. Saint Jacques, Sainte Marguerite, Sainte Catherine et Saint Nicolas apparaissent dans les arcatures sculptées en demi-relief.

Tournons-nous un vers la Moselle, et nous apercevrons, escarpée sur la rive droite de la rivière une des rares et mystérieuses forêts de buis d’Europe. Quant à la rive gauche, partagée avec la commune de Haute Kontz, difficile à apercevoir du centre village, elle fut largement recouverte de vignes et de vergers, jusque dans les années 60. De nombreux propriétaires résidant Rettel au creux de la Vallée, traversaient la Moselle en barques pour l'ouvrage.

(1) L’évolution patronymique de Berg :

Allemand : Berg la montagne ou la colline. Luxembourgeois : Bierg. Gallois : bryn –. Celtique : bren ou bran, voir briga. Vieux dialecte vallée de la Moselle :d’Bréck (qui ne signifie pas le pont, mais bien montée). Langage local : Berech ou Birech.

Le Château de Malbrouck (nouvelle version)

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Le Château du Mensberg, rebaptisé Malbrouck à Manderen, nouvelle version.

Voir le diaporama

Manderen.Mensberg.Kamturm-_2000.JPG L’illustre Château du Mensberg, l’imaginaire de la population du Val Sierckois, tombe en ruine à la suite des bombardements américains après la guerre de 1945. Mais en 1988 il ressuscite de ses cendres pour prendre le nom de Malbrouck après avoir été totalement restauré.

Le Mensberg fait partie de l’histoire de la famille seigneuriale de Sierck. Cette histoire se confond avec celle de la Lorraine, de l’Archevêché de Trêves ainsi que celle de Rodemack avec laquelle elle eut des liens étroits. La région de Sierck fut aussi l’enjeu de la lutte de l’influence française dans cette région stratégique.

Ce que fut le Château du Mensberg avant de devenir en 1998 le Château de Malbrouck.

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A quelques minutes du très charmant village de Merschweiler se dresse le fringant château du village de Manderen. Restauré, « il est plus beau que nature ». Bien en vue, il se dresse sur un monticule de forme conique de 381 mètres d’altitude. Une superbe vue sur l’ensemble du Val Sierckois s’offre aux visiteurs des hauteurs de ses tours.

Le nouveau Château de Manderen, rebaptisé Château de Malbrouck pour la circonstance, a été inauguré le 3 septembre 1998. Il fut connu sous le nom de Château de Meinsberg ou de Mensberg ou encore Château de Manderen. Depuis que le Duc de Malborought y avait séjourné en juin 1705, lors de la guerre de succession d’Espagne, une nouvelle légende s’était créée autour du personnage et du vestige. Il est vrai que les écoliers des alentours le nommaient le « Châteaux de Malborought ». Les châteaux forts ont toujours frappé les imaginations, ils font partie d’un mythe.

Aux environs de 1925, le vestige est occupé par une exploitation agricole. Mensberg_cour_du_cha_teau_1930_2.JPG Le visiteur sera peut-être surpris de ne retrouver ni mobilier ni reconstitutions intérieures propres aux châteaux forts. Le château est devenu un vaste lieu d’exposition à thèmes et de réceptions à caractère culturel. Mensberg_cour_inte_rieure_1975.JPG Les cérémonies d’ouverture eurent un faste à la hauteur de cette entreprise importante. Le Département de la Moselle, l’Etat, la Région Lorraine, et l’Union Européenne ont financé cette réalisation. Le sujet de l’exposition retenue pour cette première aura été « La Toison d’or ». Mensberg.re_tro.5.jpg L’histoire de la restauration ou de la réhabilitation de Manderen, commence déjà après la dernière guerre de 1939-1945. Ce projet fut une sorte de serpent de mer durant de longues années. Les écoliers d’alors devenus grands n’y croyaient plus. Le département de la Moselle avait racheté les ruines en 1977 afin de les restaurer, mais l’investissement était trop lourd pour le seul Conseil Général d’alors.

Le Château du Haut-Koenigsbourg en Alsace, restauré par l’empereur Guillaume II en 1908 a été raillée en son temps et jusqu’à nos jours. La visite de cette folie n’était bonne que pour les sorties annuelles des pompiers de villages, ironisait-on. Mais les visiteurs et leurs enfants revenaient admiratifs, et le Haut-Koenigsbourg a toujours été un des monuments le plus visité d’Alsace!

L’idée de construire un manoir ou une forteresse à Manderen revient à Arnold VI de Sierck en 1414. Le seigneur de Sierck (1366 à 1455) est le fils de Jacques II de Sierck et de Else de Montclair. Il transforme le manoir de Manderen en forteresse entre Sarre et Moselle. C’est un fort Carré construit de 1420 à 1439 qui prendra le nom de Neu Sierk : la nouvelle Sierck.

Quatre magnifiques tours encadrent la fortification,

1-Hexenturm - la Tour des sorcières,

2-Kallenfeltz - la Tour des Dames ou Laternenturm - la Tour de la lanterne qui comprend la chapelle

3-die Grafenkierche puis le Donjon

4-Kamturm de 55 mètres de hauteur. Jacques de Sierck y fut consacré archevêque de Trêves le 30 août 1439 dans la chapelle et il se livrait à l’alchimie dans le Donjon.

Une courtine de 43m sépare les deux tours occidentales. La Tour du Rocher et le corps du logis se situent entre les deux tours tournées vers le Nord. Le châtelet d’entrée a été détruit au 18ième siècle pour faciliter l’exploitation agricole qui s’y était installée jusqu’aux bombardements américains de 1944.

En réunissant Sierck à Montclair en Sarre toute proche Arnold VI occupait une situation stratégique importante entre Moselle et de la Sarre. Cela explique que le site fut investi par les troupes du Maréchal de Villars en 1705 lors de la guerre de succession d’Espagne. Mais le seigneur constructeur de Sierck du trouver l’argent. Une légende existe à ce propos.

Le diable au Château du Mensberg (traduction )

''Le chevalier de croisée, Arnold, était plus attiré vers le jeu et les plaisirs de la chaire que vers ses obligations de chevalier. Aussi, se trouva-t-il en difficulté financière quand il s’est agit de commencer la construction du Château de Mensberg. L’argent vint à manquer et la poursuite de la construction compromise. Que pouvait-il bien faire ? Travailler et épargner, n’était pas son propre, et la patience lui manquait pour attendre de meilleurs moments. Il songea rapidement à faire appel au diable. Dans la même nuit, dans sa chambre fermée à double tour, lui apparut un petit homme qui lui tint ce langage :

« Chevalier, tu fais appel à moi. Me voici. Qu’attends-tu de moi ? » « Pendant soixante années, je veux encore vivre, lui répondit Arnold, rester en bonne sant, et avoir toujours de l’argent. Après mon âme t’appartiendra. » « C’est entendu, Je te rappellerai ta parole, au cas tu l’oublieras »

Sur ce, le Diable disparut.

L’argent se fit en quantité au chevalier Arnold. La construction du château reprit et se termina. Seulement la Chapelle ne fut pas achevée. Le chevalier mena grande vie au Château de Meinsberg. Les fêtes se succédèrent les unes aux autres. Si l’on demandait à connaître la meilleure cave, la meilleure cuisine, les plus beaux chevaux et chiens, dans le Pays de Sierck, il suffisait de se rendre au château du Meinsberg. Là l’on était sûr de connaître les repas fins et une charmante société.

Ainsi les soixante années s’écoulèrent. Comme toujours, le chevalier Arnold était entouré d’une cours d’amis. Un soir dans son château, peu avant minuit, un homme élégant fit son entrée dans la salle. Il dégageait une légère odeur de fumée. Sans y être prié il prit place aux côtés du Seigneur des lieux. « Messieurs », commença-t-il, « Quand vous achetez un mouton, achetez-vous également la laine ? » Tous les invités s’interrogèrent à cette question peu ordinaire. L’étranger se voulu insistant « Par Lucifer ! Répondez-moi vite, car mon temps est compté. » L’assemblée de buveurs interloquée se dépêcha de répondre affirmativement.

L’étranger se tourna subitement vers le Chevalier Arnold « Ainsi, Chevalier, tu m’appartiens à présent ! » En un clin d’œil, il mit le chevalier à nu et l’emmena. '' (NB il existe une certaine analogie avec cette légende et celle du comte de Lésignan lors de la construction de son château dans le Poitou )

Le château fut terminé en cinq ans, alors que celui du Haut-Koenigsbourg le fut après neuf années travaux. Le Château du Mensberg n’était qu’un manoir comme l’avait souligné le constructeur même. Alors que le Haut-Koenigsbourg fut une reconstitution jusque dans les moindres détails ! Le stuc du plafond de la chambre lorraine provient de la Maison de la Dîme de Rettel. Il fut offert.

Comme toute forteresse de guerre, le Mensberg, eut au cours de l’histoire bien des déboires.

1556 elle brûle dans un incendie,

1631 elle est sinistrée par une violente tempête,

1634 elle est occupée et pillée par les Impériaux,

1636 elle est mise à sac en par les Suédois,

1658 elle est vendue à Louis Bettainvillers, seigneur Moyeuvre Grande et maître des Forges d’Apach certainement,

1704 elle est rendue à la Lorraine,

1792 elle est occupée par les Autrichiens,

1814 les Russes l’occupent ainsi que la région,

1870 les Prussiens l’occupe à leur tour.

La renommée du site revient au Duc de Malborough qui y établi son état major le 3 juin 1705, lors de la Guerre de Succession d’Espagne. Il devait s’affronter au Maréchal de Villars, installé à la ferme de Koenigsberg sur les hauteurs de l’Altenberg de Sierck et de Rettel. Le domaine de Koenigsberg est bien moins prestigieux en apparence mais il est chargé d’une d’histoire plus profonde. Les deux armées devaient s’affronter et attendaient les conditions météorologiques propices. Les troupes de Villars pillent Rettel et saccagent tant la ferme de Koenigsberg ainsi que la Chartreuse de Rettel. Villars se déguise parfois en laboureur pour recueillir lui-même des informations sur les mouvements des troupes ennemies . Mais le mauvais temps s’installe et les renforts tant attendus se font attendre, le Duc de Malborough, déclare forfait et lève le camp pour partir vers Trêves le 18 juin avec ses troupes, 30 000 hommes installées sur le plateau du Hammelsberg voisin de Perl de 2 à 3 Kms de la Frontière Allemande. Ces quinze jours d’affrontement virtuel firent la légende du Château. Manderen.Mensberg-1998.JPG De passage après la guerre, Winston Churchill, descendant du Duc de Malborough fut reçu par la municipalité de Thionville. Celle-ci croyant bien faire, proposa au prestigieux personnage la visite des ruines du château. L’illustre lord anglais, refusa fraîchement. Les hôtes du gentleman, naïfs enfants de la Révolution, dans l’élan de leur cœur, n’avaient pas idée des usages. On ne fait pas visiter les lieux de sa défaite, même avec panache, d’une famille aristocratique .

Le village de Manderen/Maneren possède une histoire contemporaine très européenne. Il fait partie de l’électorat de Trêves et du Luxembourg jusqu’en 1795, français jusqu’en 1814, prussien jusqu’en 1829, à nouveau français jusqu’en 1870, allemand jusqu’en 1918, français jusqu’en 1940, et de nouveau allemand jusqu’en 1945.

L’église paroissiale Sainte Etienne mérite une visite.

Documentation consultée dans :

Manderen et son Château : vision d’avenir Alain Atten - Les Cahiers Lorrains septembre 1996

La réhabilitation du Château de Meinsberg à Manderen : un exemple contemporain de conservation Nicolas Dicop Les cahiers Lorrains septembre 1996

Koenigsberg, une cense isolée du Haut-Pays Sierckois Nicolas Dicop Les Cahiers Lorrains octobre 1971

Sagen, Geschichten un Märchen aus Lothringen Verlag: HausenVerlags gesellschaft mbH, Saarlautern (Sarrelouis

Les mémoires du Maréchal de Villars, par lui-même .

Thionville et sa Rivière, la Moselle G.Sriller et G. Ancel Etudes Historiques.

mercredi, avril 26 2017

Comment a voté l'ancienne CC3F ?

CC3F.e_lections_201.jpg

Le RL propose ce matin à ses lecteurs une carte intitulée « La Moselle au trois visages ». Les communes y figurent dans la couleur du candidat ayant obtenu le meilleur score au premier tour. C’est une façon arbitraire de répertorier des territoires par couleur, alors que la réalité est toute en nuance.

Après 13 années d’existence, l’ancienne CC3F commençait à développer une personnalité propre. Une analyse en détail des résultats par commune de cette ancienne com com est peut-être utile.

Le taux d’abstention est égal à celui de Madame Le Pen. L’ensemble des résultats des « divers » est bien supérieur à celui, pourtant très honorable, de Mr Mélenchon. Quant aux résultats de Messieurs Macron et Fillon, ils sont égaux.

La structure des résultats au Val Sierckois est en fait très proche de celle de l’ensemble du Département de la Moselle.

Les abstentions et les votes blancs sont évidemment à prendre en compte dans les calculs , même si au second tour des présidentielles, seuls les bulletins validement exprimés compteront. C’est ainsi.

Finalement, l’ancienne CC3F, comme l’ensemble du Département et même de l’Hexagone cherche sa voie. Plutôt que d'étiqueter un territoire pour quelques malheureux « pour cents », disons que les résultats sont en râteau, comme partout ailleurs.

vendredi, avril 7 2017

Haute-Sierck - Audersierk

Haute-Sierck - Audersierk

Le village est placé sous le patronage de saint Nicolas, saint sauroctone. Quelle place occupait l’eau dans l’histoire de ce village? Le préfixe « haute » est à rapprocher étymologiquement à celui d’Audin, comme Audin le Roman ou Audin le Tiche. Ces villages devaient avoir un lien avec la divinité indo-germanique d’Odin ou de Wotan, comme le confirme l’appellation dans le langage populaire.

Kirschnaumen

Kirschnaumen

De nombreux vestiges archéologiques révèlent un passé riche d’un village qui fut certainement important au néolithique. Du passage des Francs, le village a hérité d’une partie de son nom : Naumen qui vient Nemagen.

« Kirschnaumen, Numagon au 10ième siècle, Numagen en 1235 et Naumen en 1297 : on y trouve également une arme de l’âge de de pierre et de nombreuses tombes romaines et franques, avec monnaies et ornement divers. La légende veut que Kirschnaumen remonte à Numa Pompilius, deuxième roi légendaire de Rome, 714-671 avant Jésus-Christ. » Adrien Printz

La paroisse a desservi longtemps la rive gauche de Montenach, jusqu'à la Révolution Française (voir Montenach) et dessert toujours Evendorff et Obernaumen.

L’église possède un maître autel en bois, sculpté, par le célèbre ébéniste Greffe d’Altwies (Grand-Duché) dont les oeuvres apparaissent dans de nombreuses églises de la région.

vendredi, mars 31 2017

La CCB3F à l'horizon 2020

Article du Républicain Lorrain du 30 Mars 2017

Réunion des délégués, le Mardi 28 Mars dernier, portant sur l’orientation budgétaire de la nouvelle CCB3F créée le 1er Janvier 2017 par la fusion de la CC3F Sierck et de la CCB Bouzonville.

« En 2020, il faudra 3,3 Millions d’Euros ? ». Les foyers payeront-ils par l’augmentation des taxes locales ? Les enlèvements des ordures ménagères pèsent déjà lourdement dans les budgets des familles les plus modestes et de plus en plus nombreuses. Le journal annonce que 1500 foyers ont été relancés pour impayés de la redevance d’enlèvement des ordures, dans le seul Val Sierckois qui compte moins de 13 000 âmes. Une privatisation du traitement des déchets d’emballage risque d’intervenir d’ici 2022. A quel prix pour les familles ? Réduire les frais généraux et les frais de fonctionnement … aiderait dans un premier temps à stabiliser des taxes locales.

La Commune se donnait pour mission la gestion, la conservation et le développement du bien commun, comme le mot commune le rappelle et à plus forte raison une Communauté de Communes. La CCB3F recense 43 Maires et quelques centaines d’élus pour un peu moins de 26 000 habitants c'est plus qu'il n'en faut.

Afin de limiter l'évaporation des liquidités, liée aux cumuls des fonctions et aux structures territoriales, la création d'une Commune Nouvelle au Val Sierckois par toutes les municipalités fondatrices de l'ancienne CC3F, serait à étudier.

mercredi, mars 22 2017

Bernkastel-Cues et Contz les Bains (Moselle)

Sur les bords de la Moselle en Allemagne, Bernkastel-Kues est la capitale de l'arrondissement de Bernkastel-Wittlich du Land de Rhénanie-Palatinat. Cette petite ville est constituée de deux bourgades se faisant face d'une rive à l'autre de la Moselle. Bernkastel, sur la rive droite, étant la plus touristique et Cues sur la rive gauche, est lieu de naissance de la famille Kues dont le célèbre Cardinal Nicolas de Kuss (Cues) (1401-1464), théologien, philosophe, juriste, astronome, mathématicien, homme d’église engagé dans la politique et la réforme. Ses travaux couronnés par sa thèse ‘La Docte Ignorante’ faillirent lui coûter l’excommunication. Mais ses relations et ses protections, au plus haut niveau de la hiérarchie romaine l’en épargnèrent. Chevalier de Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem il fonda divers Hôpitaux, dont celui de Kues même.

Bernkastel-Cues.png

L'hôpital du Cardinal de Cues de nos jours

Cette ville est également le berceau du néanmoins célèbre Peter Von Kues, fondateur à Contz les Bains, Moselle en Lorraine, d'un hôpital identique sur son fonctionnement à ceux du Cardinal, des « Petits hôpitaux », de 33 places, rappelant ainsi l’âge du Christ à sa mort.

Armes_Kuss_.jpg Armes de la ville Bernkastel-Kues

mardi, mars 21 2017

Sobriquets - Les loups d’Ewendorf – Iewendrowwer Wëlf

Sobriquets - Les loups d’Ewendorf – Iewendrowwer Wëlf

Les mots en italiques gras sont tirés du vocabulaire Platt luxembourgeois/mosellan et respectent la codification officielle. Les noms propres ne sont soumis à aucune règle précise sauf à la rigueur aux usages locaux qui sont parfois très diversifiés.

Avant de fournir sur une origine plausible de ce sobriquet, apportons quelques éclaircissements sur l’histoire du nom même de la localité. Les origines de ce petit village, qui paraît oublié sur le plateau sierckois, sont bien lointaines. Son isolement pourrait justifier ce vieux cliché de jadis, à savoir, qu’il eut été assiégé par les loups affamés de l’hiver. Peut-être ?

On peut penser que le nom d’Ewendorf(f) – dans le langage local Iewendrof(f) ou encore Iewendrëf(f) - pourrait avoir une origine gallo romaine, et cela à deux titres.

1-Sur une partie du territoire de la commune, des fouilles entreprises au 19ième siècle mettent à jour des vestiges gallo romains, parmi d’autres restes d’une époque bien antérieure, notamment celle d’époques préhistoriques. Néanmoins, une villa romaine fut établie à cet endroit, selon les recherches entreprises à cette époque. Les alentours de Kirschnaumen sont riches de trouvailles archéologiques.

2-Alors que son appellation dans le langage local, Platt, n’a jamais varié, signe d’authenticité, Ewendorf a porté successivement de nombreuses autres appellations approchantes à celle d’aujourd’hui, tels que Ebendorf, Effendorf etc., par exemple. Il est vrai que de nombreuses raisons politiques et administratives sont à l’origine de ces changements constants. Le village d’Aboncourt, toujours en Moselle, se nommait aussi Ewendorf. Aboncourt était situé dans le passé en dedans de la zone linguistique germanique dont nous faisons encore partie. Il faut savoir que les terminaisons en Dorff ou Troff, sont fréquentes pour beaucoup de noms de localités de la région de Thionville. Elles sont l’héritage déformé d’un mot latin Tropo qui signifie troupe ou escadron. Tropo fut souvent traduit par court, du latin curtis, qui signifie cohorte ou fantassin. Le radical des deux villages Abon ou Eben ou Ewen viendrait du latin Epin. Cela s’explique par la transformation de la lettre P en B et B en V, si fréquente dans les zones franques, comme c’est le cas d’Ewendorf et d’Aboncourt. Epin est lié à cheval, ce qui sous entendrait qu’Ewendorf et qu’Aboncourt auraient été des relais militaires romains. Et, en aucun cas Troff serait une déformation maladroite du Dorf allemand. On rencontre de nombreux villages dans notre grande région linguistique interfrontalière dont le radical est proche de eben, eppen, comme Etting et même Hettange, par exemple. Enfin rappelons que notre langage populaire, le Platt, traduit parfaitement l’authentique appellation du village par Iewendrëf(f). Notre langage restera toujours la référence dans le domaine étymologique de la topologie locale.

C’est une explication qui en vaut une autre et revenons au sobriquet le loup ou de Wollef.

L’Eglise fut, dans des temps encore très proches, le centre du village, encore que de tous les temps les lieux sacrés le furent dans toutes les traditions. Notre époque moderne en fait négation. L’Eglise d’Ewendorf date du 12ième ou du début du 13ième siècle. Rappelons au passage que la paroisse de Krischnaumen dont elle dépendait faisait partie de l’Archevêché de Trêves jusqu’au Concordat de 1806. Elle fut dédiée à Saint Eloi (Eligius), ce qui confirme la thèse des chevaux romains dans le sens du radical Epin dans l’origine du nom du village. Puis, elle fut un temps dédiée à Saint Erasme, un théologien allemand de grande valeur philosophique, certes, mais qui des jours qui suivirent la réforme ne fut plus tant en odeur de sainteté que cela. Erasme fut l’auteur de l’Eloge de la folie en 1466-1469. Puis la chapelle fut dédiée à Saint Ulrich vers la moitié du 18ième siècle. Or le nom de ce saint signifie en germanique littéralement la puissance du Loup.Nous y voilà. Cela peut expliquer le sobriquet des Loups d’Ewendorf ou d’Iewendrëfer wëllef ou wëlf dont les habitants de ce village sont affublés.

Examinons d’un peu plus près le sens du Loup et nous trouverons certainement de curieux rapprochements avec la topographie du ban de Kirschnaumen-Ewendorf et des proches environs.

Wollef (de)

Le loup - pl d’Wëllef - Latin lupum – D = Wolf . Des tribus indo-européennes tirent leurs noms du loup. Par exemple le peuple arcadien des Lukountes. Ulfr islandais , Arnulf, Rudolf, Adolf = germanique (entre autres) – Irlandais = Olcan Le nom (i.e) du loup a souvent été remplacé par le celui du chien. Loup en verlant = wollf (rappel: p=f=v)

Wierwollef

Le loup garou. Forme ancienne « leu warou » leu garrou - c’est un renforcement pléonastique, puisque garou signifie homme-loup conformément au francique = wari-wulf=garroul. D’où en Platt wierwollf.

bleech

Adjectif – pâle. D=blassm, bleich - NL=bleek. Vient d’une plante, la jusquiame, indogermanique = *bhel(no) : la pâle, en vieux bavarois bilina, russe belena. Dans le moyen-âge, en sorcellerie, on utilisait trois drogues, dont la jusquiame. L’un des résultats attendus de leur usage était la transformation, de celui qui en absorbait, en loup-garou. Noter que loup en celtique se dit Blez Bleiz ou Beleiz et Lyco en Grec ancien. Saint Blaise, médecin, ne vivait-il pas en ermite au milieu des bêtes sauvages ? Notons que la ville de Blois en Loire (Loire=l’Ours en vieux gaulois) vient du vieux gaulois Blez qui signifie le loup. Et rappelons que Saint Erasme dans son Eloge de la Folie fait allusion aux drogues hallucinogènes dans la transformation de l’homme en loup garou.

A la lecture attentive de ces brèves définitions nous remarquons :

Que Saint Erasme à la lecture des commentaires sur l’évangile par Saint Bernard (surnommé parfois l’Ours) a vaincu le bête tantôt le lion tantôt le loup. Erasme a écrit l’Eloge de la Folie où il fait référence aux troubles psychiques liés à la « loup-garoumanie ». Il fait référence dans son oeuvre de « Fenrir fils de Loki et de Hel la gardienne des enfers ». Le Loup est ce Gardien du Seuil vaincu par le Christianisme comme Saint Michel a vaincu le dragon.

vendredi, mars 17 2017

Aller travailler au Luxembourg devient-il une épreuve ?

Les lignes de transport transfrontalier par bus 302 et 303 seront-elles supprimées avant l’Eté de cette année ? Les « Travailleurs Frontaliers » utilisateurs de ces moyens de déplacements collectifs avaient pourtant le sentiment de participer à l’effort pour la préservation de l’environnement. L’annonce d’une section à péage sur l’Autoroute A31 interpelle les mêmes usagers. Enfin, quant aux transports ferroviaires, la fameuse ligne Thionville-Luxembourg de l’ancien réseau d’Alsace-Lorraine auquel était associé celui du Grand-Duché de Luxembourg semble également souffrante. Aller travailler au Luxembourg devient-il une épreuve ?

A l’époque de l’Europe, pourquoi encore utiliser la terminologie désuète de « Travailleurs Frontaliers » synonyme de travail à l’étranger qui résonne « travailleurs privilégiés » dans les oreilles de certains. Ces « Travailleurs Frontaliers » ne sont que les banlieusards de Luxembourg ; celle-ci ayant su se développer économiquement, et, procurer ainsi à beaucoup de Français des emplois qui allègent les caisses des assurances chômages et celles de la protection sociale. Et, contrairement à ce qui se dit, ces « Travailleurs Frontaliers » paient des impôts sur leur revenu mondial issus de leurs revenus luxembourgeois.

Faut-il rappeler que la Région Nord Thionvilloise, dont la CCCE, ainsi que la feu CC3F, profitent largement de la réussite économique de ses voisins luxembourgeois et allemands, et que les populations laborieuses employées chez eux, culturellement proches, fournissent une « exportation de service » qui profite à la Région et à l’Etat. L’entité Sarre-Lor-Lux fut toujours un ensemble culturel et économique cohérent. L’Europe n’avait-elle pas l’ambition de créer des Euro-Régions alors que la Moselle Nord l’était depuis bien longtemps.

dimanche, mars 12 2017

Le coq et le dragon de Sierck

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dimanche, mars 5 2017

Quelle fusion pour la CC3F ?

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La Communauté de Communes du Val Sierckois créée en 2003, sous l’intitulé CC3F 1, à l’initiative du Maire de Rettel de cette époque, avait l’honorable ambition de rester un espace intercommunal de qualité de vie rurale, de proximité donc, et de conserver une tradition démocratique que devait garantir les communes, cellules de base de celle-là.

En 2011, soit 8 ans plus tard, la fusion de cette intercommunalité « verte » avec sa voisine de Cattenom (CCCE 2), non moins « verte » mais riche par le nucléaire, est soumise aux communes concernées par la note circulaire du Préfet de la Moselle du 19 Mai. Le Conseil de la CC3F et celui de chacune des communes avaient voté oui à cette proposition, sauf le Conseil Municipal de Rettel qui avait porté la CC3F sur les fonds baptismaux.

La nouvelle intercommunalité envisagée, arrosée par la Moselle, se serait alors située entre la troisième ville Lorraine, Thionville et le Grand-Duché du Luxembourg et Trèves en Allemagne. Le Luxembourg accueille près de 50 000 « travailleurs frontaliers » pour la Moselle à elle seule. Ainsi ces deux intercommunalités vivent en première ligne dans le prolongement économique luxembourgeois. Cette situation inédite aurait optimisé cette nouvelle zone monétaire euro qu’aurait été le nouveau territoire.

Le bilinguisme, voir le trilinguisme des pays de Cattenom et de Sierck avec ses voisins luxembourgeois et allemands et avec lesquels des liens culturels millénaires sont établis, allaient enfin pouvoir justifier l’appellation dogmatique de « Trois Frontières », certes anachronique depuis la disparition des frontières (Mieux traduite au Luxembourg par « Drei Lännereck » ou « Dreilandeck en Allemagne).

Depuis le 1er Janvier 2017, six ans après cet échec, Sierck a fusionné avec Bouzonville. Dans un mariage les belles familles mettent du temps à s’apprécier, malgré le charme des jeunes époux et chaque partie évalue la dote. Mais, la problématique du fonctionnement des nouvelles territorialités reste la même, encore que Sierck et Cattenom aurait eu beaucoup en commun et cela aurait stimulé la démocratie.

Que va devenir la supposée démocratie communale par le « travail de représentation politique au plus près des citoyens ? L’attachement de la population à l’institution municipale, est sans cesse réaffirmé au gré des sondages. Si les arguments ne sont pas nouveaux, ils ont été consacrés par les nombreuses lois de décentralisation adoptées depuis trente ans, le plus souvent sans débat politique. »3 Cela est vrai dans le sens que la nouvelle assemblée sera plus vaste et plus lointaine. Les conseils municipaux seront réduits à un rôle de chambre d’enregistrement où on débattra du sexe des anges. La professionnalisation de la représentation intercommunale est inévitablement en marche avec la possibilité de cumuler et d’enchaîner les mandats locaux et nationaux.

1 Communauté de Communes des Trois Frontières

2 Communauté de Communes de Cattenom et environs

3 Monde Diplomatique de Janvier 2014

Quelques dates historiques au Val Sierckois

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Dépuis qu'un ruisseau nommé Siracon venant des hauteurs de Montenach se jette dans la Moselle au pied d'un castellum, l'eau a coulé. Quelques dates importantes de l'histoire du Val Sierckois sont reprises >>> ici.

samedi, mars 4 2017

L'Effet Schengen

L'Effet Schengen

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Le tourisme horaire existait déjà à Schengen en 1870, puisque qu’au tout début de la guerre franco-allemande, des soldats français de passage à Sierck lès Bains en Moselle, pénètrent au Grand-Duché du Luxembourg, sachant que le tabac y est à meilleur marché. Ils seront punis par leur hiérarchie pour avoir franchi en temps de guerre les limites nationales d’un membre du Zollverein (Union douanière de la Confédération Germanique du Nord).

La chute du Kaiserreich en 1918 plonge le Luxembourg dans un état économique dramatique. Son adhésion ultérieur à l’Union Economique Belgo Luxembourgeoise et au Benelux lui permettra de rester bien approvisionné, en particulier après la Seconde-Guerre mondiale. Les voisins Allemands et Français subissaient alors encore des restrictions, mais, ils se rendent à Schengen se procurer quelques denrées alimentaires introuvables et à bon prix. C’est l’époque de la petite contrebande.

Situé à l’extrême sud-est du Grand-Duché, ce village de vignerons « partage » la Moselle avec ses voisins «étrangers » et accueille le touriste horaire venu acquérir des marchandises à meilleur marché dans les nombreuses stations essence. Les taxes qu’impose l’Etat Luxembourgeois sur les produits de consommations courantes sont en général douces. Les Douanes Françaises furent sans pitié avec les contrevenants en cas de dépassement des tolérances d’importation notamment du tabac, des alcools et des carburants.

Mais la chute des frontières et la constitution de l’Union Européenne avec ses « harmonisations » ont fait évoluer progressivement cette situation d’exception. Les marges commerciales sur les ventes de carburant, très étroites pour les commerçants, se réduisent dès les années 90. Les prix du « Sprite » rejoint peu à peu celui des voisins et pour les alcools cela semble être déjà le cas. De nos jours, une bouteille d’apéritif de marque a une grande chance d’être proposée à un moindre prix dans une grande surface française non loin de la frontière. Reste le tabac. L’avenir du tourisme horaire avait ses limites.

Or, le miracle touristique se produit en Juin 1985, grâce aux fameux « Accords » européens de police signés à bord d’un bateau de promenade amarré au quai de la Moselle. La renommée du village allait atteindre des sommets de popularité.

Pour la petite histoire. La délégation européenne souhaitait signer ces accords au cours d’une mini croisière sur les eaux mosellanes. Hélas, dès les premières amarres larguées et les moteurs lancés, un juriste trouble la fête et fait suspendre subito le départ, arguant que la signature sur les eaux de la Moselle sera nulle au regard du droit européen ! En effet, la navigation entre le Luxembourg, l’Allemagne et la France est soumise au droit des eaux internationales. Ainsi, les « Accords » furent finalement signés à Schengen même. Pour peu les « Accords de Schengen » allaient se nommer les « Accords de la Moselle».

Une alternative nouvelle s’offre donc à Schengen. Le périmètre de la signature des lieux des « Accords » a été sanctuarisé et cela interpelle. Le touriste en effet s’attarde plus longuement, mais il est mobile et imprévisible, et, n’hésite pas à s’aventurer dans l’aire des « Trois Frontières » de la Lorraine toute proche. Celle-ci enregistre déjà les retombées économiques de l’ « effet Schengen » en offrant son tourisme vert, ses produits du terroir et son patrimoine historique.

Rodemack : Emission Iwwert Land de RTL de Décembre 1994

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Extrait vun der Emissioun "Iwwert Land" RTL 100,7 engeristréiert zu Ruedemaacher am Dezember 1994.

RTL... : dat ewéi Ruedemaacher, eng Dausendjäreg oftbewegt Geschicht hannert sech huet, an haut "en plus" als "un des plus beaux villages de France" klasséiert ass, ass dat eppes extras ?

En Dame entfert : 'T ass eppes extras esou laang déi al Persounen wu vum Duerf kennen, wu alles vum Duerf kennen, esou laang déi Leit liewen, an dass alles einfach bleift, esou ewéi et fréier war, dann ass et schéin, ganz schéin. Et muss natierlech e bësse geännert ginn, nët ? Wat mer soss haten ass nët méi dat Selwecht. Mir hu keen Dreck méi virun den Diren ewéi fréier, et ass kee Véi méi do, mee de Rescht muss esou bleiwen.

Déi Leit wu weil hei sins, déi Jonger wu nokommen, déi hu Ruedemaacher nët kannt ewéi et fréier war. Déi hunn d'Leit nët kannt ewéi se fréier waren a se kënnen och näischt méi héieren dervun. Déi Aler sinn nët méi do, déi meescht sinn nët méi do. Da kënnen se och nët schwätzen ewéi et soss zu Ruedemaacher war. Et ware vill Baueren hei am Duerf, an der Zäit. Et war dach vill Véi, et war vill Aarbecht, an d'Leit waren nët räich. An den Ënnerscheed vu weil ass : déi meescht Leit wëllen ee méi räich sinn ewéi deen Anneren. Si gi weil schaffen, se schaffen nët ewéi esou dobaussen ewéi fréier. 'T ass vill einfacher, t'Liewen ass méi schéi wann ee wëllt, mee 't ass nët 't selwecht Eenheegkeet méi. 'T ass jidderee fir sech. Dat ass de Probleem.

Ecouter un extrait de l'émission

Rodemack par la revue HAS

Revue culturelle bilingue Français-Luxembourgeois sur la forteresse de Rodemack - 1987 - édité par l'Association Hemechtslang a Sprooch - Président Albert Piernet - Manom

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dimanche, février 19 2017

La fin de la Chartreuse de Rettel

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Récit sur le démantèlement de la Chartreuse de Rettel sous la Révolution Française.

Extrait de l'ouvrage de Benoît Arthur origine BNF- public.gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6528434m/

Cliquer pour accéder

Le Kärmeter de Rettel

A l’angle Est de la façade Sud de l’Eglise de Rettel se situait jusqu’en 1875, un Kärmeter. Dans le langage propre au village, c’est un carnarium (ossuaire) , sur lequel était construite une maisonnette (ou un abri) qui permettait aux visiteurs ou aux dévots d’allumer un cierge devant l’image de la Madone et les ex-voto, pour le salut des morts inconnus déposés dans la fosse commune.

Les églises anciennes, comme celle de Rettel, étaient entourées des tombes de leurs paroissiens. Cette coutume est en fait une tradition préchrétienne. Elle devait rappeler aux pèlerins et fidèles qu’avant d’aller à la lumière il fallait passait par les épreuves de la vie et de la mort. En revanche, les autels de l’église, contenaient, jusqu’à la réforme du Concile Vatican II, les reliques de saints, réputés avoir obtenus leur salut. Ainsi, ils reposaient au cœur même de l’édifice, en attendant, comme tout un chacun, le Jugement dernier.

Le cimetière de Rettel, existe toujours autour de l’Eglise, mais les tombes n’apparaissent plus depuis le bombardement de l’Eglise et du village en Septembre 1944 par les forces de libération américaines. L'endroit mérite le plus grand respect.

La Maison des Bateliers (Maison de la Dîme) offre ses stucs à la restauration du Château du Haut-Koenigsbourg en Alsace

La Maison des Bateliers (Maison de la Dîme) offre ses stucs à la restauration du Château du Haut-Koenigsbourg en Alsace.

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Vestiges authentiques des stucs de la Maison des Bateliers

En 1905, soucieux de faire apparaître une participation active de toute l’Alsace-Lorraine à la restauration du Château du Haut-Koenigsbourg en Alsace, l’entourage de l’Empereur d’Allemagne, Guillaume II, invite, notamment les propriétaires de la Maison des Bateliers de Rettel à faire don des stucs ornant les plafonds du bâtiment.

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La Société d’Histoire et d’Archéologie Lorraine (1), placée sous la protection de l’Empereur Guillaume II, et, présidée par le Comte von Zeppelin-Aschhausen, lors de sa séance de comité du 8 Novembre 1905, vote à ce titre une indemnité de 100 Mark aux donateurs.

Prélude à cette « acquisition », l’Institut en question s’était rendue en visite officielle et solennelle, en compagnie du Directeur de l’Arrondissement de Thionville, le Baron von der Goltz, le 23 Juillet de la même année, visiter Rettel et Sierck et surtout la Maison des Bateliers (Maison de la Dîme), le couvent.

(1) Gesellschaft für lothringesche Geschicht un Altertumskunde. Protektore SE.Majestät Kaiser Wilhem II.

samedi, février 11 2017

Rettel rétro

Voir l'album

vendredi, février 10 2017

La Saint Valentin -Weltesdaag

La Saint Valentin

Saint du début de la christianisation de la Gaule, fêté le 14 février

Ses origines sont à Luxembourg. Au 15ième siècle la Cour de Londres rend visite à celle de Luxembourg et découvre une façon originale pour un homme de cour de déclarer sa flamme à la femme de ses rêves en lui offrant à la Saint Valentin un simple cadeau en toute discrétion. Cet usage venait des campagnes de cette région. La cour anglaise adoptera cette charmante tradition qui se propagea dans le monde anglo-saxon. Celui-ci a l’art de renvoyer aux continentaux leurs propres traditions arrangées à leur goût. Halloween en est un des exemples.

A la Saint Valentin, dans les campagnes, les jeunes gens, les « Valentin », vont à la rencontre de leur « Valentine », remarquée peut-être au dernier bal de la kermesse du village de l’été dernier ou dans un mariage auquel ils furent conviés et leur offraient, à la sortie de la messe, leur cœur sous la forme d’un bretzel1. Ainsi averties, les élues ne répondront pas immédiatement, bien sûr. Elles doivent réfléchir, pour celles qui auront été surprises de cette déclaration inattendue, peut-être, et elles attendront la fin du carême, pour se déterminer. En ces temps, les familles avaient leur mot à dire. Le jour de Pâques, les Valentine, si elles répondent affirmativement à leur soupirants, leur offriront tout simplement un œuf de Pâques.

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Pour une jeune fille, offrir un œuf à un garçon était un engagement fort. Le symbole de fécondité est énorme ! En effet, l’ultime objet du mariage était de fonder un foyer afin d’avoir beaucoup d’enfants.

Les campagnes restèrent longtemps soumises à de vieilles traditions héritées de l’ancien monde celtique. Les fêtes importantes, solaires, étaient l’occasion de se livrer aux arts divinatoires simples. Par exemple, savoir lequel des jeunes fiancés partirait en premier dans l’autre monde après une vie bien comptée ? C’était le Bretzel, offert sur le parvis de l’église même le jour de la mi-carême, qui se faisait l’interprète de la providence. Au moment où le Bretzel passait de la main du jeune homme à celle de la promise espérée au cours de l’échange, chacun retenaient légèrement le bretzel, mais suffisamment pour que l’inévitable se produise : qu’il se déchira. La partie la plus courte restant dans les mains de l’un d’eux désignait celui qui le premier partirait dans l’autre monde, si toutefois l’union se réaliserait. Les années bissextiles inversaient l’ordre des choses. C’était alors aux jeunes filles d’offrir le bretzel au garçon et le sort était interrogé de la maison façon.

Il en était ainsi dans le monde ancien et celtique. Les fêtes religieuses symboles de ruptures lors de certaines conjonctions astrales, préfigurent le chaos où l’homme est plus réceptif aux messages de l’au-delà.

1 La taille habituelle d’un bretzel est d’environ 20 à 25 cm. C’est le pain offert en attendant Pâques, le retour du soleil, et c’est déjà une pâtisserie idéale pour la mi-carême en attendant que ce long carême long de 40 jours s’achève. L’authentique figure de boulangerie aux gracieux entrelacs celtiques est une pâte sèche au saindoux, très cuite et recouverte préalablement d’un vernis alimentaire et de gros sel. La pâte sera roulée de façon à obtenir une corde fine. Placée sur une plaque en tôle en demi-cercle, la corde de pâte sera liée simplement comme un fil, ce qui lui donnera cet aspect gothique, survivance du symbole solaire hyperboréen du Julbrot. Mais à y regarder de plus près, ce Bretzel ne rappelle-t-il pas les deux anneaux, des alliances que les futurs mariés s’échangeront et que seul la mort pourra briser ?

mercredi, janvier 18 2017

An der Gewan

An der Gewan

Les livres fonciers ou les cadastres de nos régions germanophones nomment Gewan des aires de cultures précises. « Ce serait sur les espaces désencombrés des plateaux calcaires de l’Alb souabe que les « Gewanndörpfer » auraient pris naissance. Dans les vieux villages qui s’y créèrent au terroir morcelé, les parcelles étaient groupées en quartiers et ceux-ci en soles »1.

Elles regroupaient des terres cultivables: vignes, céréales, fruits et en aucun cas bois ou et prairie. Les chartreux pratiquaient également de la sorte. Gewan proche de l’allemand wenn, wenden, gewenden, désigne la limite des zones d’habitation aux zones de cultures. Elles se répartissaient en trois catégories : d’Broochgewan, la culture légumière, d’Fruuchtgewan, les céréales, et Lenzgewan, production d’haricots, lentilles etc. Mais existaient aussi la Wéngertgewan, les vignes de plaine et la Bongertgewan, les vergers.

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Nous étions loin d’imaginer que nos Gewan seraient à jamais éventrées et que ses blessures ne se refermeraient plus. Nous y apercevions les hâlettes blanches de nos grand-mères à l’œuvre. Sa terre fertile, saccagée et volée, fut abandonnée comme une femme aimante ayant donné à son amant sans retour. A présent des étangs cicatrisent ses plaies et une végétation sauvage, refuge des oiseaux, console un peu les mémoires.

Gewan évoque l’histoire des villages et les travaux de nos paysans pour la vie. S’y dirigeaient les processions des rogations aux Saints de Glace 2 également disparues.

Ce sont les terres les plus fertiles qui furent sacrifiées pour l’expansion immobilière. Ce sont les maraîchers aux portes de Paris qui sauvèrent la capitale de la famine lors du siège de 1870.



1 Monsieur Gaston Roupenel, dans « Histoire de la Campagne Française » – Grasset 1932.

La culture par assolement consiste à labourer la terre par roulement de culture.

Le mot sanscrit « àjras » désigne également un ensemble de terres cultivables, une plaine cultivée ou une campagne agricole.

2 Les rogations ont lieu les lundi, mardi et mercredi matin de la semaine de l’Ascension (en mai fête mobile fixée par le calendrier lunaire). Ils correspondaient aux Saints de Glace si dangereux pour les cultures Printemps.

mardi, janvier 17 2017

Les Armes de Rettel

Les Armes de Rettel

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Dans les années 1950, la municipalité décida, très officiellement, de doter le village d’un blason. Conçu, il a été déposé légalement. Sa maquette est exposée dans la salle de la Maison Commune. Il peut être utilisé en toute légalité par tous, il n’est pas attribué exclusivement à l’administration municipale.

Signe de reconnaissance d’une autorité politique ou religieuse, le blason représente le bouclier de la cité et de son chef pour le combat pour le bien matériel et spirituel de ses assujettis. Il s’agit du bien commun. Les motifs choisis parmi les règles des plus absolues de l’héraldique sont d’une haute signification symbolique, de la plus haute tradition et rappellent les principes qui président à la conduite d’un groupe particulier.

Les armes de Rettel représentent Saint Sixte, fondateur du couvent, martyr et pape, second du nom. Coiffé de la tiare, debout, il brandit dans sa main droite une clef géante et dans sa main gauche il présente le livre des Ecritures Saintes. L’or de ses vêtements pontificaux rappelle la révélation divine dont il bénéficie. Sa position droite, rigide, rappelle son rôle de pontife, d’intermédiaire entre le Ciel et la Terre. Du ciel il reçoit toute l’inspiration divine et la communique au monde entier, comme le symbolise son long manteau étendu sur une grande largeur.

Le village de Rettel créé peu à peu autour du couvent jusqu’à la Révolution, jouissait d’un statut particulier du Duché de Lorraine grâce à sa Chartreuse.

Le blason présente une triade, soit trois éléments interactifs entre ciel et terre par son intermédiaire.

La tiare en or rappelle que le pontife reçoit toute l’inspiration divine : sa tête « plonge » dans le ciel, dans le « Non Manifesté ».

La clef en or, en position axiale est un des mystères des plus fermés, ceux de l’initiation sacerdotale, par « opposition », à la clef d’argent réservée à l’initiation royale. Elle symbolise la langue, c’est à dire la parole mais aussi la clef du cœur et de la pensée. Le pontife est l’intermédiaire des Trois Mondes entre Ciel et Terre (Entre le non manifesté et le manifesté), et détient le pouvoir de lier et de délier, c’est à dire de ce qui touche à la vie et à la mort.

Le Livre. Un livre est ouvert ou fermé, et en cela il est complémentaire de la clef, donc à de la parole, du cœur et de la coupe. Placé horizontalement, il signifie que les écritures transcrites par la parole ne peuvent être lues que par la parole. Figée par nature, l’écriture est le support à la recherche constante de la vérité. Le sens horizontal du livre rappelle l’infaillibilité doctrinale.

Le fond de ciel est de couleur argent, mot venant du grec Argos : la lumière et voyage. Par les grâces particulières reçues du ciel, le pontife a le pouvoir de lier et de délier, d’ouvrir la voie de la vie.

Enfin, les initiales de Saint Sixte sont de couleur gueule, du feu dévorant, rouge et jaune ou blanc, indéfinissable. La lettre S symbolise également la clef celle du prêtre guérisseurs c’est à dire du pouvoir de vie et de mort.

jeudi, janvier 12 2017

La légende des cloches d'or

La légende des cloches d’or

A Rettel, non loin du nouveau château, en amont de la Moselle, face au lieu dit, de Bréil (1) , existait un endroit mystérieux, et de légende, oublié peut-être de nos jours : la Légende des Cloches d’Or. Aux fortes chaleurs, disait-on, le fleuve baissait en niveau et laissait apparaître des cloches, en or bien sûr, et même une roue d’un chariot d’or. La mythologie celtique relate de telles histoires fantastiques de cloches, d’églises ou de cathédrales englouties, comme par exemple celle de la légende de Ker-Ys A.

Les cloches sont faites pour avertir la population d’un événement. Or cette légende est à rapprocher de celles des cloches restées silencieuses durant les trois jours précédant Pâques avant de sonner solennellement dans la nuit pascale.

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Une cloche n’est jamais fondue en or. Ce métal incorruptible est celui du silence, comme nous rappelle le proverbe « Le silence est d’or et la Parole est d’argent ». Mais du silence sort la parole, de la nuit sort la lumière et pour Pâques de la mort surgit la résurrection etc… Ainsi la cloche d’or est faite pour rester silencieuse, mais elle peut rappeller par sa seule présence, aux endroits hostiles par nature, l'eau ou la mer, la possibilité d’un grand danger possible.

On rapportait encore dans le village que cette cloche d'or reposant au fond de la Moselle prés du fameux Bréil pourrait prévenir le village de tempête et de malheur. Et pour calmer la curiosité des petits comme des grands, il était recommandé aux enfants de ne jamais s'approcher de cette rive de la rivière à cet endroit car le Kropemann ce monstre des eaux, analogue à celui qui réside au fond des puits, pourrait les happer s’ils mettaient un pied dans l'eau ! Il est vrai que l’endroit est (était) anormalement profond.

Jadis à cet endroit de la Moselle, la population, pour atteindre les vignes et vergers sur les coteaux abruptes de Berg, traversaient la Moselle en barque. L’endroit est (était) anormalement profond. La boucle de la rivière à cet endroit et le fort courant avaient creusé avec le temps une profondeur anormale du lit de la rivière et il s'y produisait des tourbillons d'eau. L'ancienne digue, aujourd'hui disparue, avait été aménagée ainsi afin de régulariser les effets néfastes à la navigation d'alors, notamment.

(1)Bréil, Brühl ou Breuil en français vient du celtique qui signifie pré établi sur un ancien bois marécageux servant de refuge au gibier. Le radical Bré= élévation et il ou el=eau.

Le symbolisme du Bildstock (calvaire régional mosellan)

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Bildstock de Semming route de Kontz

Des croix des champs, nommés Bildstock, bordent les chemins et les sentiers, qui furent jadis perdus, de la région inter frontalière du « Vieux Luxembourg » ou de l’ancien Comté du même nom.

Ces anciens et authentiques monuments traditionnels de l’art religieux datent pour beaucoup de la sortie du Moyen-âge, époque où tout relevait du sacré. Leur origine remonte certainement à beaucoup plus longtemps. Ils sont construits selon le schéma classique d’une triade, c'est-à-dire qu’ils sont formés de trois éléments d’un ensemble cohérent. La triade en question ici symbolise les trois stades dans l’élévation spirituelle de l’homme prenant pour modèle la passion du Christ.

Le socle cubique du monument ou le quadrilège est taillé dans un bloc de pierre, et symbolise la Terre et ses quatre points cardinaux. A sa pointe se dresse une bâtière arrondie ou un dôme aplati qui représente le ciel. Cette coupole protège une niche qui recueille une figuration de la scène de la Passion du Christ. L’ensemble sera encore, accessoirement coiffé d’un crucifix « fleurdelysé ». L’ensemble supérieur est taillé d’un seul bloc dans le granit où dans la pierre du pays.

Une colonne octogonale relie la tête du monument au socle et symbolise l’état intermédiaire ou le passage entre le Ciel et la Terre. C’est un fût à huit faces, parfois torsadé. L’octogone figure la « quadrature du cercle » et symbolise le passage du monde intermédiaire, le chemin de l’accomplissement de la réalisation spirituelle, chemin emprunté ici bas et qui doit mener à l’illumination ou au Ciel. C’est l’axe du monde, analogue à une Tariqua islamique ou encore à la voie de l’Evangile ou encore au Tao, mot qui signifie voie en chinois. C’est tout le symbole de la croix ou de la réalisation universelle de l’être. La quadrature du cercle n’est pas sans rappeler la couronne d’épine du Christ, mais aussi la couronne royale, celle des épreuves qui mènent à la sanctification.

On osera rapprocher ce symbole fort religieux qu’évoquent nos Bildstocks à celui de la tradition orientale qu’est le Wang du Tao. Wang signifie « Roi » et Tao signifie « la voie ». Jésus est le Christ-Roi, la voie.

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Schéma d'un Bilstock selon les règles traditionnelles de la composition d'une triade

La fonction royale est un symbole universel. Le roi est un pontife comme le rappellent également toutes les traditions. Il régule l’ordre social subordonné à l’ordre cosmique. La fonction royale est médiatrice, remplie de la grâce céleste, comme le rappelle la formule « par la grâce de Dieu », consacrée aux princes et aux souverains.

L’idéogramme chinois Wang traduit l’association de mot Roi-Pontife et reprend dans sa calligraphie schématiquement le symbole du Bildstock luxembourgeois. En effet Wang est composé de trois petites barres horizontales que traversent et relient entre elles un trait vertical comme l’illustre le croquis ci-dessous. Ces monuments sont donc des symboles universels. Ils suggèrent des vérités et elles appartiennent à l’humanité.

jeudi, janvier 5 2017

Asnagham la Montagne Royale

Asnagham la Montagne Royale

Il existe une ferme nommée Koenigsberg implantée sur le plateau arrière de l’Altenberg, une colline située sur les territoires de Sierck les Bains et de Rettel en Moselle. Koenigsberg traduit littéralement signifie « Montagne Royale ». Surprenante dénomination pour une ancienne cense, longtemps abandonnée avant que Saint Bernard de Clervaux lui rende vie (1).

Avant 894 elle se nommait Asnaga (2). Cette appellation évolue en 894 en Chunis Bierch avec une variante Cone Monte (3). Ce changement radical nous intrigue. Il subira régulièrement des modifications jusqu’à nos temps modernes pour aboutir finalement à Koenigsberg. Que signifierait Asnaga et que justifierait Chunis ? Quant à Bierch, il est la réplique authentique de la traduction de « colline » dans le dialecte local qui signifie colline ou point élevé.

Le dictionnaire Gaffiot traduit Chuni par le nom des tribus des Huns. Chunis, par son s final révèle le génitif. Ainsi Chunisbierch serait la colline des Huns ? Ceci nous intrigue encore plus, sachant que la variante serait Conemonte. Celle-ci, en ce qui concerne la préfixe Cone, et selon le même dictionnaire Gaffiot, signifierait « peuple d’Asie » (4). C’est encore plus troublant, et nous sommes loin de ce « Mont Royal » pour Koenigsberg, que tant ont cherché vainement à justifier. La réponse à cette intrigue se trouve peut-être dans l’histoire du moyen âge de notre région, à l’époque des premiers écrits.

Angelrame, évêque de Metz, grand aumônier de la chapelle du Roi Pépin, accompagne sa majesté dans la guerre contre les Huns, que mène l’Empereur Charlemagne contre la tribu hunnique des « Avares ». L’évêque meurt durant cette épopée en 791, dans un endroit que nul n’arrive à situer, nommé: Asnaghum, toujours traduit à l’époque par Chunisberg (4). Voilà ce qui nous éclaire un peu plus sur les origines de l’appellation de la Ferme de Koenigsberg. En effet la racine asn en latin traduit montagne ou même pont (pontifex) a = ärum, lieu, et le suffixe ghum ou gham, ne peut qu’être la dénomination hunnique du terme chef ou roi. Gham au génétif pourrait bien être proche de Kames ou Khan, le chef ou le roi.

Notes:

(1) Chanoine Dicop – Cahiers Lorrains 1971

(2) Selon un ouvrage édité par l'Université de Heidelberg.

(3) Alain Simmer, dans l’origine de la Frontière Linguistique en Lorraine - Editions Fensch Vallée, page 167 : Un acte du IXième siècle cite in loco qui dicitur Asnaga nunc Chunisberg, avec une variante Conemonte en 894. An 894, Conemonte, Archives archevêché de Trèves.

(3) Conae, ärum, m, peuple d’Asie: Plin. 6, 55

(4) Histoire ecclésiastique de la Province de Trêves et Histoire de Lorraine d’Augustin Calmet : Cet endroit inconnu est aussi appelé Asnaghum ou Asnaorug Chunisberg : ce qui parait signifier montagne ou pont des Huns.

lundi, septembre 12 2016

La Maison de la Dîme à Rettel, témoin de l’architecture médiévale en Lorraine

Cette vieille bâtisse du 15ième est une rescapée de l’histoire. Elle accueillait à l’origine, peut-être, la Corporation des Bateliers et des Pêcheurs, puis une maison d’entrepôt des produits de la Dîme perçue par les Chartreux de Rettel. Sous la Révolution le bien est confisqué et puis vendu à divers propriétaires qui la transforment intérieurement en chambres à grains et mêmes en logements privatifs.

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Sous le Kaiserreich (1871-1919), la maison n’est pas encore classée et chaque propriétaire l’aménage selon ses besoins et ses moyen, soucieux du pratique.

Avec la disparition des petites exploitations agricoles, la maison est peu ou plus utilisée et entretenue. Les nouvelles générations prennent conscience que cette vieille maison, nommée par les anciens – dat Aalthaus, est un patrimoine commun. Une initiative villageoise entreprend alors de la mettre en état et finalement la sauve. De belles fresques sont découvertes et l’aventure prend une autre dimension avec l’intervention des beaux-arts et l'engagement du Maire de Rettel, Monsieur Jean Schwenck.

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Les étapes de la restauration:

1984-Classement monument historique

1986-Acquisition par la Commune de Rettel

1987-Création de l'Association des Amis de la Maison de la Dîme

1988-Travaux façade latérale et arrière, fin 1989

1989-Restauration intérieure, fin 1992

1994-Restauration intérieure, fin 1995

1999-Restauration intérieure, fin 2000

2001-Fin restauration

Les travaux auront duré 14 années.

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Une cheminée gothique d’une facture exceptionnelle est vendue vers 1900 à la famille de Gargan, propriétaire du Château de Rodemack, propriété à présent de la CCCE. Un double de cet élément est installé dans la Chambre Lorraine du Château du Haut Koenigsbourg et les authentiques magnifiques stucs, en revanche, ont été offerts vers 1908 aux restaurateurs de ce château alsacien. Lors de la rénovation de la Maison de la Dîme, la cheminée a été reconstituée à l'identique par moulage de celle au Château du Haut-Koenigsbourg.

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jeudi, septembre 1 2016

Mélusine et le Ruisseau de Montenach

Mélusine et le Ruisseau de Montenach

« Ne peut-on pas voir dans les fleuves et les rivières le sang de la terre qui irrigue et nourrit sa substance ? » La Wouivre, Kintia Appavou et Régor R.Mougeot. – Editions La Table d’Emeraude.

Les petits cours d’eau ont la particularité, dans nos régions de prendre le nom des localités qu’ils traversent. Le Ruisseau de Montenach arrose le Moulin de Sulzen et la chapelle de Marienfloss, pour se jeter finalement dans la Moselle à Sierck-lès­Bains. Il est formé de deux réseaux fluviaux, l’un venant de Haute-Sierck et le second, plus important, venant des hauteurs significatives du Löschenbruchberg, du Méchelsberg et de Launstroff. Mais la majeure partie de l’eau drainée par de nombreux petits cours d’eau provient du Méchelsberg, altitude 341m.

Montenach, altitude de 200m, se trouve au cœur d’un formidable carrefour de voies naturelles d’eau, qui, pour la plupart, prennent leurs sources à une altitude d’environ 350 m.

Le charme de Montenach réside dans les nombreuses collines verdoyantes qui l’entourent et qui l’encerclent de façon abrupte. Ne parle-t-on pas de Montenach et de ses sept collines ? Ces nombreuses hauteurs donnent naissance à ces ruisseaux et se regroupent à la hauteur du village qui lui même, rappelons le, est situé qu’à 200m d’altitude. Le dénivellement est soudain et important. C’est dire qu’en cas de précipitation, le débit de l’eau l’est également.

Le cours d’eau augmente en aval de Montenach, à peine à un kilomètre, quand le ruisseau de la Höllebach vient l’alimenter et former un nouveau cours d’eau encore plus important dans une vallée étroite et mystérieuse de trois à quatre kilomètres de long, jusqu’à Sierck-lès-Bains son « terminus ».

Höllebach se traduit par l’allemand Hölle1, grotte, et Bach, ruisseau. Höllebach signifie donc ruisseau des grottes.

Marienfloss est en quelque sort la conclusion de ce réseau composé d’une multitude de ruisseaux, de sources et de fontaines qui pour la plupart viennent du Méchelsberg, traduit par Mont-Saint Michel, au dessus du village de Montenach.

C’est en plein centre de Sierck-lès-Bains que le ruisseau disparaît dans la Moselle, face au Stromberg et dans un axe qui relie ce sommet à celui du Klaussberg, lieu ancien également au-dessus de Montenach.

Le ruisseau de la Höllebach change aussi plusieurs fois de nom depuis sa source près de Launstroff. Launstroff, petite localité, se situe à l’opposé de Sierck du même canton. Launstroff fut une courte période de 1800 à 1806, chef lieu de canton. D’une longueur d’environ 16 kms, le ruisseau se nomme successivement Wasbach, Höchelbach, Hangoldbach et enfin Ruisseau de Montenach2. Il possède deux affluents sur la rive gauche. La presque totalité de ses affluents se trouve donc sur la rive droite et prennent donc leur source sur les hauteurs du Méchelsberg.

C’est l’image du personnage mythique et curieux de Mélusine que décrivent les neuf cours d’eau, notamment le Krembergbach, venant du sommet du Krembach et la Mortzbach venant des hauteurs de Kirsch-lès-Sierck.

Au XVIIième siècle, dans le seul finage de Montenach le ruisseau activait six moulins. Les autres ruisseaux des environs, notamment le ruisseau d’Apach, comptaient également un certain nombre de moulins. C’est dire l’importance de la production céréalière du plateau de Kirsch, toujours au-dessus de Montenach.

L’eau comme toute chose, présente une face agréable et utile mais elle masque parfois une face plus inquiétante voir dramatique et tragique. La vallée du ruisseau de Montenach peut en cas de fortes pluies, subites et soutenue se révéler être un véritable entonnoir.

Ainsi les inondations suivantes sont à déplorer : Les Archives de la Ville de Sierck relatent (selon J.M. GREGOIRE) la catastrophe de 1750 ainsi :

« Le 16 juillet 1750 vers 4 h 1/4 du soir, par un beau soleil, les eaux du ruisseau, subitement grossies par une trombe d’eau qui venait d’éclater dans les environs de Montenach et de Haute-Sierck, vinrent fondre avec tant de rapidité sur Sierck que les soldats qui étaient de faction hors la porte de Sarrelouis n’ont que le temps de gagner les hauteurs en quittant leurs écuelles et leurs soupes qu’ils mangeaient pour lors. Les eaux entraînaient avec elles des foins et des pierres qui firent bientôt fermer les grilles du pont qui cédèrent sous cette forte pression et en moins d’une demi-heure, 12 maisons, 11 tanneries et 3 chamoiseries, 19 jardins avec leurs murs, 70 toises de murs d’enceinte en deux endroits, le moulin banal avec les deux tournants et toutes les appartenances et aisances. Endommageant considérablement 54 maisons, les fondements de 1 ‘botel de ville, renversant les deux ponts et les dernières de 27 maisons qui donnent sur la Moselle. 24 personnes furent noyées, une quantité de chevaux, vaches et porcs. La perte des effets emportés a été’ estimé à plus de 100 000 Livres. »

Autres inondations à déplorer :

En 1778, Sierck est envahi par une inondation presque aussi forte qu’en 1750. En 1795, les habitants de la place du marché à Sierck échappèrent à la mort en s’échappant par des planches. En 1920, Montenach subit des dégâts importants, les eaux ravageant maisons et fermes. Sierck étant déjà en crue par les eaux de la Moselle. En 1970, malgré les travaux importants de 1922 et 1968, les eaux envahissent encore le village de Montenach.

Marienfloss ne se tient pas par hasard dans cette vallée étroite de tous les dangers de l’eau. Le Mythe de la gardienne de l’eau s’applique-t-il également à cette vallée ? Celle-ci aurait-elle manqué d’honorer son saint sauroctone et auxiliateur et protecteur : saint Cyriaque dans sa chapelle sur les hauteurs de la Klauss à Montenach ?

Aussi pour découvrir et « imaginer » l’histoire du ruisseau de Montenach et de sa vallée il convient d’examiner aussi la géographie locale et de prendre connaissance de sa toponymie, l’hydrologie et de a tautologie du pays. La toponymie : les noms des lieux sont sans doute ce qui reflète le mieux l’évolution historique et sociale d’une population.

La vallée de Montenach a toujours éveillé l’imaginaire des populations de la région. Les anciens parlaient de la Vallée de Montenach avec pleins de mystères. Le paysage est pittoresque, inhabituel. Il y règne un climat et une atmosphère particulière. Tout concours à attirer un tourisme raisonnable et calme, pourquoi pas mystique. La nature nous domine, nous observe, et nous guette.

La chapelle de Marienfloss nous invite à remonter sa vallée jusqu’à l’autre chapelle du Klaussberg. Rustroff, haut lieu religieux, n’est pas loin. La ferme de Koenigsberg sur les hauteurs de l’Altenberg, proche, nous rappelle encore la présence réminiscence des Chartreux de Rettel. Enfin de cette vallée nos aïeux en parlaient sur le ton du secret, avec plein de réserves qui traduisaient un soupçon de crainte injustifiable ou injustifiée, héritée de la nuit des temps. Montenach et sa vallée est mystérieuse et souriante telle une fée capable du pire et du meilleur. Le promeneur de toutes les saisons, de la ville ou de la région se plaît à rendre visite au le village qui sait le retenir par ses auberges souriantes, populaires et fidèles à la tradition. Elles aussi font partie de l’histoire et du patrimoine du village, si ce n’est de la région de la région entière.

Marienfloss, dans ses origines et sa forme lointaines fut peut-être la gardienne de l’eau, comme se fut très souvent le cas à l’époque préchrétienne.

1 Hölle en allemand, Hiel en luxembourgeois, signifie grotte ou caverne. Ces mots sont proches phonétiquement et étymologiquement de Hell traduit par le même mot en anglais, en allemand et en luxembourgeois par enfer. Ces endroits humides et noirs, les cavernes de montagnes ne sont-ils pas comparables à ce que peut représenter l’engloutissement de l’eau, l’enfer. Beaucoup d’appellation de ruisseaux, de fleuves ou de régions aquatiques, proches de l’eau possèdent la racine étymologique ell ou hell comme l’Ill en Alsace ou encore l’Ile et Vilaine, etc. Dans nos régions les villages, lieux dits ou cours d’eau ayant la racine ell ou hell sont nombreux : elange, Helling, Hellange, Illange etc Il faut bien le rappeler que notre cadastre est un témoin historique et précieux, témoin de cette époque de tradition orale celtique (gauloise). Protégeons ces traces de nos origines les plus lointaines. Les remembrements, les morcellements de terre ou les constructions anarchiques ont tendance à annuler ces nombreux lieux-dits dans leur appellation d’origine sur notre cadastre. Evitons de renommer des lotissements, quartiers de villes ou villages « nouveaux » par des noms fantaisistes. Enfin il faut le remarquer, les appellations de nos cadastres ne sont pas toutes, et bien loin s’en faut, d’origine latine ou romaine. Le cadastre existait bien avant l’arrivée des Romains.

2 Bach, en allemand et Baach en luxembourgeois signifie ruisseau. Fluss, en allemand, Flass ou Floss en platt signifiant cours d’eau.

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